ELUNE

Nul amour ne saura jamais égaler celui que je te porte, celui que tu m'as donné, celui que je ressentis dans toute mon âme la première fois que je te vis, petit être fragile s'éveillant sur le monde ce 19 avril 2015.
Tes yeux bleus, au regard déjà si intense, me happèrent, grâce à toi, je devenais enfin père…

Je me souviens de toi, minuscule puce posée sur ce grand lit à la maternité et moi du haut de mes 1m90, me sentant tout petit face à toi. Je me suis délicatement allongé près de toi, respirant ta douce odeur de bébé, ma tête contre la tienne, ma main effleurant tes petits doigts, ressentant une telle sérénité. Je n'osais pas bouger, je souriais malgré moi, tu étais la définition tangible du mot bonheur.

Je me souviens de notre complicité sans faille, je t'emmenais partout avec moi. Tu connus la frénésie d'un plateau de tournage, tu rencontras des gens étonnant, tous séduits par ta bouille de blondinette aux grands yeux.

Te souviens tu de notre épopée dans la neige, toi serrée contre moi qui tentais de te protéger du froid? Nous étions seuls, perdus, mais ma ténacité et mon désir de te sauver à tout prix nous avaient guidés vers le bon chemin…

Cette forte déception que je ressentis de ne pas être présent pour tes premiers pas et cette émotion saisissante lorsque je te vis enfin t'avancer seule jusqu'à mes bras.

Parfois je nous voyais comme des “potes”, quand nous chantions ensemble dans la voiture, que nous partagions des bonbons, que nous nous promenions avec Fake le chien. Il veillait toujours sur toi.

Je te revois dansant devant la télé, pleine de joie de vivre, à l'aise dans ton petit corps. Tu étais si habile, si intelligente. Tu comprenais si vite.

Te souviens tu de nounours que nous avions “opéré” ensemble, pour lui changer les piles ? Tu étais si concentrée sur tes gestes, et moi je t'observais, souriant et empli de fierté.

Et cette soirée sur la terrasse, où nous étions assis tous les deux sur les transats prêts à déguster des paninis que j'avais cuisinés pour toi. Tu fis une telle grimace après la première bouchée, que j'en ris encore lorsque j'y repense. Ils étaient visiblement ratés.

Mon mini moi, si merveilleuse, si drôle, si gentille, même dans mes rêves les plus fous je n'aurais pu imaginer avoir une enfant telle que toi.

Je repense sans cesse à cette dernière journée au parc, il faisait froid, l'hiver envahissait l'air, mais tes rires réchauffaient l'atmosphère. Je te revois avec ton petit bonnet sur la tête, ton bout du nez un peu rouge contrastant avec tes grands yeux bleus, ton manteau rose et ton sourire quand tu me regardais à travers ce coeur vert sculpté sur le toboggan. Une journée magique, inoubliable, un moment suspendu à tout jamais dans notre éternité…

Comment aurais je pu croire un seul instant que je ne t'entendrais plus jamais rire…?

Aucun mot ne peut exprimer cette mort intérieure qui a éteint à tout jamais une partie de moi ce 14 février 2017, cette date maudite qui m'a appris le véritable sens du mot abîme. Comment accepter l’absurde ? Ton coeur s'est arrêté de battre, le cœur de ce que j'avais de plus cher au monde, ce qui donnait un sens à la vie elle même. Un enfant ne peut pas, ne doit pas partir avant ses parents. Comment appelle t-on un père qui a perdu son enfant ? Mon coeur est orphelin de toi, mon amour, ma chair, ma fille, mon Elune…

Ton corps allongé dans ce cercueil cruellement silencieux, j'ai mis ma tête contre la tienne, comme je l'avais fait le jour de ta naissance. Mes larmes mouillant ton linceul. Je voulais être là jusqu'au bout, te parler, t'accompagner c'est pour cela que je n'ai laissé personne d'autre que moi fermer ton cercueil. Chaque clou que je tapais était une preuve ultime d'amour…

Tu sais, je soigne précautionneusement ton aloe vera, il fut souvent malade depuis deux ans, tu lui manques à lui aussi, mais lui et moi nous luttons de concert pour continuer malgré tout. Tes deux doudous, nounours et lapin, que j'ai du me résoudre à laver avec tristesse, sont toujours là. Je garde près de moi tes deux cailloux, talismans précieux. Ta présence bienveillante est partout, tu ne me quitteras jamais, ma tendre fille, et je me battrai toujours pour préserver ta mémoire.

Ton sourire est gravé dans mon âme, c'est ton regard pétillant derrière ce coeur qui me donne la force d'avancer. Tu fais partie de moi, je t'aime mon Elune.

Cinéma

Réalisation The Lake

Production

Plateforme Popcorn funding

Mont-Blanc

L'Ascension

Format Court

Réalisation First Snow

Roman

The Lake